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 | | publié le 01/08/2008 | Le Jeudi à 20 h 40 sur France 2Tété ou Dédé ?Tété est chanteur et guitariste. Et Dédé ? C'est André Manoukian, compositeur, pianiste de jazz... et juré de la Nouvelle Star. Le temps de quatre escales musicales, les deux complices remontent aux sources de leur passion dans quatre villes mythiques des Etats-Unis, où résonnent toujours les accords du blues, du rock...
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"C'est un banjo, je te dis ! Je te parie 20 $. Allons demander au vendeur... " Tété ne se démonte pas et entre dans la boutique d'instruments. Nous sommes à New York, en sa compagnie et celle de son compère, le pianiste compositeur André Manoukian, alias Dédé. Malgré les protestations de ce dernier, le chanteur a gagné son pari : « Voyons voir, que pourrais-je bien m'acheter avec 20 $ ? » s'amuse-t-il.
Devant la caméra, le fou rire n'est pas loin. La complicité des deux musiciens fait passer avec naturel leur cabotinage. Jusque-là, ils ne s'étaient que croisés. France 5 les a réunis pour cette série de quatre documentaires en forme de « road movie ». Une balade en voiture à travers les Etats-Unis à la rencontre des musiques mythiques qui les ont « nourris depuis toujours ». « Ce que j'aime chez Tété, avoue André Manoukian, c'est qu'il sait parler musique. Ce n'est pas si fréquent. La plupart des musiciens ont du mal à s'exprimer et se réfugient derrière leur instrument. » « André est un artisan, un 'jazzeux', approuve sobrement Tété. Nous étions complémentaires dans des champs musicaux différents. »
Un "road movie" musical
Chaque épisode se concentre sur une métropole. New York pour commencer, ce jeudi à 20 h 40. Puis La Nouvelle-Orléans où, après le passage du cyclone Katrina, « ceux qui sont restés inventent une musique nouvelle sur des rythmes de jazz très anciens ». A San Francisco, s'épanouit toujours la musique folk. Enfin, notre tandem retrouve la chaleur des rythmes afro-cubains à Miami.
« Chaque cité a sa mentalité, c'est évident », reprend le chanteur.Dans les avenues de New York cohabitent tous les styles de musique déjà rassemblés dans la Rapsody in Blue (1924) du génial George Gershwin. Tété et Dédé ont choisi ce morceau en ouverture, sur fond d'images de Manhattan. Puis, nos musiciens arpentent les trottoirs de Harlem, devisant avec humour sur les mérites et les défauts de Miles Davis. « Ma mère l'adorait, explique Tété qui a plongé dans le jazz grâce à elle, dès sa plus tendre enfance. Mais moi, quand je l'entendais jouer, j'avais si froid que je prenais une couverture ! » « Froide, la musique de Miles ? N'importe quoi ! » réplique Dédé avant de raconter comment ce grand trompettiste débuta en 1946, en remplaçant Dizzy Gillespie : « Comme il n'arrivait pas à imiter sa virtuosité, il développa, au contraire, un style plus sobre et plus lent devenu sa marque. »
Des mélopées indiennes chantées dans les bayous
Le ton est donné. Tété y va au feeling et s'émeut devant la mosaïque de Central Park, à New York, dédiée à Imagine, la célèbre chanson de John Lennon assassiné à deux pas de là. A Miami, il s'intéresse aux premiers blues, « issus des mélopées indiennes chantées dans les bayous. J'ai découvert, lors de nos rencontres avec les musiciens d'aujourd'hui, tout un contexte que j'ignorais », explique-t-il.
Dédé, en habitué de la télévision - il est juré de la Nouvelle Star - joue davantage au meneur de jeu. Dans les rues, les cafés et les salles de concert où le tandem mène sa quête, il raconte à son complice - et aux téléspectateurs - l'histoire des lieux, en décryptant leurs entretiens avec les artistes et les professionnels rencontrés. Si bien que cette balade musicale ponctuée, sans abus, d'images d'archives, atteint tranquillement le but qu'ensemble, ils s'étaient donné : « Rendre accessible à tous les nuances de ce patrimoine musical. » |
 | Sophie Laurent

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