Météo
Accueil
Edito Edito
Actualités
Blogs
Diaporamas
Droit, Santé, Conso
Histoire
Famille
De vous à nous
Évangile
Compostelle
Patrimoine
Des ailes à des jeunes
Télévision
Recettes de cuisine
Annuaire Internet
Ecards
Vidéos Vidéos
Forum



Imprimer Envoyer à un ami Tous les articles Flux RSS
publié le 04/10/2007

Question de foi

Qu'y a-t-il après la mort ?

A cette question existentielle, la foi chrétienne apporte une réponse qui a pour nom : espérance. Le point sur l'au-delà, avec le P. Philippe Baudassé, prêtre du diocèse de Toulon, longtemps chargé de la formation des laïcs engagés dans la pastorale du deuil, et auteur du Guide "Totus des obsèques" (Ed. du Jubilé).




















La Lagune à Abidjan(1988)d'Idrissa Diana, peintre ivoirien.

Y a-t-il une vie après la mort ?

« L'important n'est pas de savoir si il y a une vie après la mort, mais si l'on est vivant avant de mourir », disait le prêtre suisse Maurice Zundel... Etre vivant, c'est être capable de recevoir la vie comme un cadeau, d'entrer en relation, de s'émerveiller. Dans la mort, Dieu ne retire pas son cadeau, comme à un enfant capricieux, mais ce cadeau se transforme, il prend une autre consistance. La fin de la vie n'est pas un arrêt. Nous sommes faits pour la relation à l'autre. La foi nous dit qu'elle demeure au-delà de la mort, mais transfigurée. La vie après la mort prend une couleur particulière pour nous chrétiens : on ne recommence pas à zéro ; on traverse la mort, comme le Christ a traversé sa propre mort. Et surgit derrière une réalité plus grande encore.

Comment en avoir la certitude ?

On touche là à l'essentiel de la foi : la confiance. Dans le Credo, on dit : j'attends la résurrection des morts. Ce n'est pas qu'une question de foi, c'est la certitude profonde que Dieu va accomplir ce qu'il promet. Le moment de la mort d'un être cher est paradoxal : on voudrait être totalement dans l'espérance ou pleinement dans le chagrin. Or les deux se mêlent... Il faut accepter de vivre des sentiments contradictoires, d'être dans cet entre-deux.

A quoi peut ressembler la vie éternelle ?

A un immense bonheur, certainement ! Les textes bibliques développent l'image d'un jardin luxuriant ou d'un grand repas convivial et surabondant. Nous pensons que la vie éternelle est une vie où nous serons comblés, de façon entière. Dieu s'empare de la mort pour nous faire accéder à la plénitude qui est déjà en nous ; comme si nos limites humaines ne suffisaient plus à contenir l'immensité de la Vie qu'Il veut nous donner, manifestée dès le baptême. Car la vie éternelle commence dès cette vie ici-bas. Nous y entrons chaque fois que nous sommes au plus près de la source, du jaillissement de joie, de vie, d'amour, dans lequel nous avons été créés. La vie éternelle commence chaque fois que je prends conscience que mon accomplissement personnel passe par l'autre, sous le regard de Dieu. Chaque fois que j'essaie d'avoir le regard de Dieu sur les choses et les personnes qui m'entourent, au-delà des apparences.

Que signifie la « résurrection de la chair » ?

Quand Dieu a voulu nous révéler qui il était, il a pris un corps, il s'est incarné en Jésus. L'essentiel de notre vie chrétienne passe à travers notre corps. Cette chair elle-même, loin d'être extérieure à nous, participera pleinement à la résurrection, car tout ce qui fait notre existence a droit à cet infini de Dieu. Comment cela va-t-il se passer concrètement ? Nos représentations sont forcément limitées. Ressusciterons-nous l'estomac vide ou bien plein ? se demandaient les scolastiques... La question n'est pas là. Ce qui est sûr, c'est que l'on aperçoit dans la vie de certains saints ce que peut être un corps transfiguré par l'Esprit : certains phénomènes attestent que leur corps commence à échapper aux règles de la vie matérielle.

Qu'appelle-t-on purgatoire ?

Le purgatoire est grevé d'images négatives héritées du passé... Or c'est un immense cadeau ; cela signifie que la rencontre avec le Christ est toujours possible après la mort, si elle n'a pas été vécue ici-bas. Dans l'Evangile, ceux qui se laissent toucher par le Christ sont purifiés par cette rencontre : cela se passe au purgatoire. « Le purgatoire, c'est un temps pour apprendre à aimer », disait l'Abbé Pierre. C'est un état dans lequel le Seigneur nous propose une rencontre personnelle et demande l'acquiescement de notre liberté à ce qu'il veut faire en nous. C'est tout ce que nous sommes qui sera mis en présence de Dieu ; occasion d'être purifiés dans nos manques d'émerveillement et de don de soi.

L'Eglise parle peu de l'enfer. Faut-il continuer à y croire ?

Tout à fait ! On n'en parle peu dans l'Eglise, mais les livres et les films sont remplis de personnages diaboliques... Il faut toutefois renoncer aux images d'Epinal. Si l'enfer existe, c'est paradoxalement à cause de la qualité de l'amour que Dieu a pour nous. Pourquoi ? Parce qu'en respectant infiniment la liberté, Dieu offre la possibilité de refuser son amour. Mais l'Eglise n'a jamais dit qui était en enfer... Est-ce que quelqu'un, connaissant Dieu intimement, loin de toutes les fausses images, peut Le refuser jusqu'au bout ? C'est a priori possible, mais nul ne peut dire si c'est réellement vécu par quelqu'un. L'enfer commence quand je préfère ce que je veux à ce que Dieu veut, à l'ouverture à l'autre. Ce repli sur soi est mortifère. Au lieu de consentir à l'infini, je mecogne contre les murs.

Peut-on avoir une relation avec les personnes disparues ?

Bien sûr ! Dans l'Eglise, nous prions les saints ; or ils étaient des personnes comme nous... Nous pouvons donc prier pour nos défunts, et les prier. Les liens entretenus avec eux ne sont plus limités dans l'espace et dans le temps ; ils sont de l'ordre de l'affection profonde. Nous touchons du doigt cette grande et unique famille humaine qu'on appelle la communion des saints, ce grand courant d'amour, de joie, entre tous les êtres de tous les temps. Dieu a fait en sorte que l'amour entre les êtres ait une dimension infinie, qu'il ne s'arrête pas. Evidemment, lors d'un décès, la part charnelle de la relation est morte. Mais c'est pour aborder une autre façon, beaucoup plus vaste, de s'aimer et de se retrouver. Il est important de séparer le monde des vivants du monde des morts. Souvent, les cimetières étaient au cœur des villes pour rappeler qu'il y a à la fois rupture et continuité entre les vivants et les morts.

Certains de nos contemporains croient en la réincarnation. N'est-ce pas une autre façon d'envisager la poursuite de la vie ?

En Orient, la réincarnation est surtout une punition, parce que l'on n'est pas assez purifié... L'attirance qu'elle exerce en Europe, correspond au désir d'une vie après la vie, mais aussi à celui d'une deuxième chance, d'une nouvelle occasion de se réaliser. La réincarnation, c'est entrer dans une autre chair. La résurrection est bien autre chose. Dans la perspective chrétienne, l'homme est uni, corps, âme, esprit. La résurrection est liée au fait que nous soyons uniques. Croire à la résurrection n'est pas croire à l'immortalité. Nous sommes des êtres mortels, appelés à l'éternité. Je n'ai qu'une vie, elle est précieuse ; chaque moment ne reviendra pas. Cela donne une toute autre dimension à notre existence.

Recueilli par Cyril Douillet. Illustration : JL. Nou/Akg-images


Un catéchisme en 598 questions-réponses ! Vézelay, plus près du ciel Qui sont les jésuites ? Les limbes remplacées par l'espérance Les saints peuvent-ils nous aider ? Rencontres au quotidien par le Père Henri Caro Michel Delpech : " J’ai retrouvé foi en moi !" Jean-Marie Pelt : Peut-on être catho sans être écolo ? Cardinal Lustiger : une foi ciselée par les épreuves La souffrance éloigne-t-elle de Dieu ? "Mes enfants ne pratiquent plus, je culpabilise" Faut-il croire aux miracles ?



cette semaine
Au sommaire

Où l'acheter ?
Offre
découverte
6 mois (26 n°)
pour 39,90 €
Abonnez vous
Feuilletez Pèlerin
Espace
abonnés



Lui faire plaisir !

Le web documentaire

Les compléments alimentaires

Saint-Front, joyau de Périgueux

Les frileux

Tous les articles

nos pages les plus lues

Soeur Emmanuelle : une vie tournée vers les pauvres

En finir avec les paradis fiscaux

Interview exclusive d'Ingrid Betancourt : "Ma foi m'a sauvée"

Les vidéos de Pelerin : religion, société, pratique

Patrimoine, religion, famille, pèlerinages... Les blogs de Pelerin

Sur les pas de Soeur Emmanuelle : La relève...
Tous les hors-série Pèlerin


Les apôtres et les premiers disciples du Christ
Commander