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publié le 28/08/2007

Mère Teresa, itinéraire d'une bienheureuse

"Come Be My Light", un recueil de lettres de la sainte de Calcutta, publié en anglais pour le 10e anniversaire de sa mort, présente un aspect méconnu de la spiritualité de la religieuse. Pèlerin retrace son parcours de foi semé d'embûches.























"Si, par mon appel, j'appartiens au monde, je suis albanaise par mon sang", proclamait Mère Teresa. De fait, c'est à Skopje, en Albanie - à l'époque sous la coupe de l'Empire ottoman - que naît, le 26 août 1910, la future Mère Teresa, sous le nom de Agnes Gonxha Bojaxhiu, dernière née d'une famille de trois enfants. Nicolai, le père, est patron d'une entreprise de travaux. Drana, la mère, est originaire de Venise. Tous deux sont profondément croyants et il est fréquent que les Bojaxhiu reçoivent des prêtres à la maison. L'un d'eux, le P. Jambrenkovic est un fin connaisseur des missions jésuites au Bengale, en Inde. Les récits qu'il fait de ces « aventures » vont, semble-t-il, influencer la vocation de la jeune Agnes.

A 18 ans, elle quitte les siens et entre, le 26 septembre 1928, chez les religieuses de Notre-Dame, une congrégation irlandaise qui l'envoie en Inde deux mois plus tard. Après deux années de noviciat à Darjeeling, au nord-est du pays, elle rejoint Calcutta, capitale de l'Etat du Bengale, pour y enseigner à l'école Sainte-Marie des sœurs de Notre-Dame- de-Lorette. Elle prononce ses vœux définitifs le 24 mai 1937, à 27 ans, mais sa vie n'a pas fini de basculer.

Le 10 septembre 1946
, au cours d'un voyage en train de Calcutta à Darjeeling, elle reçoit, selon ses propres mots, « l'appel dans l'appel », celui de vivre parmi et avec les pauvres des rues. « Le message était clair, confie-t-elle à Navin Chawla, son biographe indien (Mère Teresa, une vie pour l'amour, éd. l'Archipel). C'était un ordre. Dieu exigeait davantage de moi. Il voulait que je L'aime sous l'affligeante apparence des pauvres entre les pauvres. »

Elle quitte alors les sœurs de Notre-Dame-de-Lorette en août 1948 et fonde les Missionnaires de la Charité, établies en congrégation dans le diocèse de Calcutta le 7 octobre 1950. C'est sous le nom de Mère Teresa qu'elle poursuit son chemin de foi.

Un chemin qui n'est pas dénué d'embûches, comme le montre une série de lettres qu'elle adresse à Mgr Perier, évêque de Calcutta, à partir de 1946. Elle lui fait part du doute qui, parfois, la saisit et qu'elle appelle « le désert de la foi ». Ainsi, en mars 1953, elle demande à Mgr Perier de prier pour elle car, avoue-t-elle, « il y a une terrible obscurité en moi, comme si tout était mort. »

La lumière finira par revenir et avec elle la certitude que la mission qui lui a été « confiée est bien l'œuvre de Dieu. » Avec son prix Nobel de la paix en 1979, Mère Teresa devient une personnalité universellement reconnue. Tous les puissants de ce monde lui rendent visite à Calcutta. A sa mort, le 5 septembre 1997, à l'âge de 87 ans, le monde entier lui rend hommage. Elle est béatifiée le 19 octobre 2003 par le pape Jean-Paul II. Son œuvre se poursuit. Dirigée par sœur Nirmala (ci-dessus aux côtés de Mère Teresa), une Indienne de 73 ans, la congrégation compte 4 500 religieux et religieuses et a plus de 710 maisons dans 132 pays.

Luc Balbont. Crédits photo : BSE-CIRIC


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